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Cannibalisme, Meurtre
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Le 13 Juin 1981, un couple se balade tranquillement sur les rives du lac du bois de Boulogne. Ces promeneurs sont intrigués par un asiatique qui transporte deux grosses valises sur un chariot à roulette. Son comportement est étrange, car il se positionne derrière un buisson et le couple constate qu'il tente de faire rouler les deux valises dans l'eau. Lorsque l'asiatique se rend compte qu'il est observé, il se sauve à toute jambe.

issei sagawa

Le couple prévient logiquement la police, qui vient contrôler le contenu de ces valises. Les traces de sang sur l'extérieur d'une des valises ne présage rien de bon, mais lorsque les policiers ouvrent les valises, c'est l'horreur ... Dans la première, un tronc humain à moitié dépecé et dans la seconde, plusieurs membres et une tête amputée de ses lèves et de son nez. Une vraie boucherie qui fera la une des journaux sous le titre : "La dépecée du bois de Boulogne".

Grâce au témoignage du couple de promeneur, les policiers savent que le suspect est "un asiatique au visage grêlé qui est monté dans un taxi rouge". Il leur faudra peut de temps pour qu'un chauffeur de taxi fasse le rapprochement avec un de ses clients, qu'il a chargé au 10 rue Erlanger, dans le 16ème arrondissement. C'était un asiatique transportant deux grosses valises et qui souahtait se rendre au bois de Boulogne.

Lorsque les policiers se rendent à l'adresse indiquée, la concierge indique qu'il n'est pas encore rentré et s'étonne de voir la police s'intéresser à lui car c'est un garçon poli, discret et sans histoire. Lorsque Sagawa arrive chez lui, il est immédiatement arrêté et ne montre aucune surprise ou émotion. Il accepte de donner sa propre identité et celle de sa victime : "mon amie Renée", étudiante en littérature, comme lui. C'était une Hollandaise de 25 ans, Renée Hartvelt.

Pendant la perquisition, les policiers déjà choqué par l'état du cadavre de Renée n'en reviennent pas : ils découvrent près de 6 kilos de viande dans le réfrigérateur, parfois déjà cuite et assaisonnée de moutarde.

renee hartevelt
cuisine issei sagawa

Au fond d'une poêle ils retrouvent des lambeau de chair collés et font le rapprochement avec l'état du corps retrouvé. Ils mettent également la main sur une shampouineuse à moquette, une carabine, des magazines porno et un appareil photo.

Non seulement la 22 long rifle est bien l'arme du crime, mais le développement de la pellicule de l'appareil photo va confirmer la monstruosité du criminel ! il a pris soin d'immortaliser chaque étape de la préparation de la "viande" et de sa dégustation. En tout, il a prit 37 clichés en s'appliquant bien dans la mise en scène et la présentation.

Lors de son audition, il semblait prendre plaisir à raconter son histoire et se remémorer les meilleurs scènes. Il explique aux policiers qu'il ne connaissait Renée que depuis un mois, qu'elle était très gentille et avait accepté de venir dîner chez lui en camarade. Il avait malgré tout tenté de lui faire des avances mais elle l'avait repoussé en riant, ce qu'il l'avait rendu furieux. Il avait alors sorti sa carabine et lui avait tiré dessus. Sagawa raconte ensuite comment il l'a déshabillé et violé avant d'avoir l'idée de la manger.

Cette pulsion cannibale n'était pas nouvelle. Depuis l'enfance, il avait déjà "rêvé" de manger ses petits camarades de classe. En grandissant, il a associé désir sexuel et appétit. Sagawa a avoué que si elle avait accepté de faire l'amour, il ne l'aurait probablement pas tué.

Son récit macabre ne s'arrête pas là ... Après la mort de Renée et sa "dégustation", il a continué de vivre quatre jours avec le cadavre, vaquant à ses occupations habituelles. Il a toutefois décidé de se débarrasser du corps et fit quelques achats utiles : scie électrique, hache, sacs-poubelle et les deux valises. Cela ne l'empêchait pas de dormir ou de continuer de déguster les morceaux stockés au réfrigérateur. 

Sagawa déclara : 

Manger Renée, c'était une expression d'amour. Je voulais ressentir en moi son existence, goûter le goût de sa vie. J'avais raison, c'était vraiment bon, mais il y avait trop à manger et j'ai ressenti une sorte d'écoeurement. Je ne pouvais pas manger tout le même jour.

N'ayant pas réussi à se débarrasser des valises, il se savait condamné. Il décida donc de passer une dernière soirée agréable, et se balada dans Paris et en profita pour se débarrasser des effets personnels de Renée ainsi que des couteaux et de la hache.

Le père d'Issei Sagawa était un homme puissant au Japon et organisa la défense de son fils. Ses avocats décidèrent de plaider la folie, ce que confirmeront les tests psychiatriques menés pendant 15 mois. Le juge Bruguière prononça un non-lieu le 30 Mars 1983, mais Sagawa fut interné en hôpital psychiatrique dans l'aile des "malades dangereux".

Malheureusement, la loi n'autorise pas à garder sur le sol français un malade mental étranger plus d'un an. Sagawa fut extradé vers le Japon et transféré dans une clinique spécialisée. Les psychiatres japonnais le jugèrent sain d'esprit et il fut donc libéré le 13 Août 1985, cinq ans après son crime. Il a connue une petite notoriété morbide au Japon, mais n'a à priori pas récidivé !

Note : L'auteur du livre dont est extrait ce récit (voir ci-dessous) a pu rencontrer Issei Sagawa en personne. Il donne dans le livre de nombreux détails sur cette histoire, comme par exemple le fait que Sagawa s'y est repris à plusieurs fois avant de tuer Renée et dévoile le contenu de ses entretiens avec le cannibale.

sagawa crop

Retrouvez l'intégralité de ce récit et d'autres récits inédits dans le livre suivant :

Paris mystérieux et insolite

Auteur : Dominique Lesbros
Reliure : Broché
Editeur : Editions De Borée
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L'avis de "Récits-étonnants.fr" :
Classés par thématique, ce livre nous propose de découvrir de nombreux récits insolites ayant pour point commun la ville de Paris. Un vrai travail journalistique, fourmillant de détails sur ces histoires curieuses, étranges, criminelles ou extraordinaires.